Retraite · CARMF

Médecin libéral : la CARMF verse en moyenne 2 967 € par mois à la retraite. Combien gagnez-vous aujourd'hui ?

En moyenne, un médecin libéral gagne autour de 10 000 € par mois en activité. La CARMF verse en moyenne 2 967 € par mois à ses médecins déjà retraités (chiffre officiel, juin 2025). La pension obligatoire couvre donc de l'ordre d'un tiers du revenu d'activité moyen. Ce guide pose cet écart en face, sans le maquiller, et explique comment commencer à préparer la différence, à votre rythme.

12 pages8 minMis à jour · 2026
Retraite obligatoire

Vos trois étages de retraite

Votre retraite obligatoire ne tombe pas d'une seule caisse : elle s'empile sur trois étages. Un socle commun à tous les professionnels libéraux, un régime complémentaire propre à votre profession, et le régime des médecins conventionnés (l'Assurance Maladie cofinance la cotisation en secteur 1). Chacun fonctionne par points : vous cotisez, vous accumulez des points, et votre pension dépend du nombre de points multiplié par la valeur de chaque point.

Pour un médecin libéral, le régime complémentaire propre aux médecins pèse le plus lourd, devant le régime des conventionnés, le socle de base restant minoritaire (répartition à actualiser sur données récentes). Ces ordres de grandeur sont indicatifs et à confirmer sur votre relevé de points.

Le montant et l'âge de votre pension

La logique est la même pour les trois étages : pension annuelle = nombre de points acquis × valeur de service du point. Vous lisez vos points sur votre relevé de carrière ; la valeur du point, elle, est fixée chaque année par votre caisse. Avec vos trois relevés et les valeurs 2026, on chiffre noir sur blanc la pension réellement attendue.

Valeur de service du point en 2026 (indicatif, à confirmer)
RégimeValeur du point 2026Rôle
Socle de base (commun à tous les libéraux)0,6599 €Le socle + la validation des trimestres
Complémentaire (votre profession)77,14 €En général le plus gros contributeur
Conventionnésselon la date d’acquisition des pointsCofinancé par l’Assurance Maladie

Reste à savoir quand partir. Deux dates comptent : l'âge à partir duquel vous pouvez demander vos droits, et le moment où vous atteignez le « taux plein » (sans pénalité). Partir trop tôt sans tous vos trimestres déclenche une décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, plafonnée ; travailler au-delà ouvre une majoration (surcote) du même ordre.

Les âges qui décident (indicatif, à confirmer)
  1. Âge légal
    Vous pouvez demander vos droits
    64 ans pour les générations les plus récentes
  2. Taux plein
    Sans décote, si vous avez tous vos trimestres
    environ 172 trimestres selon votre génération
  3. 67 ans
    Taux plein automatique
    sans condition de trimestres
  4. Au-delà
    Surcote
    environ 1,25 % de pension en plus par trimestre travaillé
Toute pension annoncée à partir de ces valeurs est une projection non contractuelle : les valeurs de point sont revues chaque année. Le calendrier des âges et le nombre exact de trimestres dépendent de votre année de naissance, et le relèvement de l'âge légal est actuellement gelé (loi de financement 2026). Faites confirmer votre cas précis par votre caisse (CARMF) avant toute décision.

Le vrai trou : du revenu à la pension

Voici le point qui change tout pour un médecin libéral : la retraite obligatoire ne remplace qu'une partie de votre revenu d'activité : de l’ordre de 30 % du dernier revenu (environ un tiers). Autrement dit, le jour du départ, votre revenu chute fortement, mais pas votre train de vie. Cet écart, c'est le trou.

Le socle obligatoire, et ce qui reste à votre charge
Ce que couvre la retraite obligatoireCe qui reste à votre charge
Une base de pension par points (3 régimes cumulés)L’écart entre cette pension et votre revenu d’activité
Plafonnée à chaque étageTout le revenu au-dessus des plafonds
Revalorisée modestementLa perte de pouvoir d’achat dans le temps
La première rencontre sert précisément à faire ce calcul avec vous, vos relevés de points en main : on chiffre la pension réellement attendue, on la compare à votre revenu, et l'écart obtenu est le besoin exact à préparer. Aucune valeur affichée ici n'est contractuelle.

Combler le trou par la capitalisation

Une fois le trou chiffré, il se prépare par l'épargne. D'abord le plan d'épargne retraite (PER), dont les versements peuvent se déduire de votre votre bénéfice de professionnel libéral (BNC), donc moins d'impôt aujourd'hui, pendant que vous vous constituez un capital pour demain. Ensuite l'assurance-vie, pour la souplesse et la disponibilité.

Les deux leviers, en clair
LevierCe qu’il apporte
Le plan d'épargne retraite (PER)Versements déductibles du bénéfice (moins d’impôt), capital ou rente à la retraite
L’assurance-vieSouplesse, disponibilité de l’épargne, transmission
Tout placement comportant des supports en actions présente un capital non garanti : sa valeur peut varier à la hausse comme à la baisse. Les projections de rendement sont indicatives et non contractuelles.

Les décisions qui changent votre retraite

Quelques choix de carrière pèsent lourd, parfois plus que des années de cotisation. Voici les principaux à mettre sur la table.

Ce qui se décide (et qui se chiffre au cas par cas)
DécisionPourquoi ça compte
Rester conventionnéL'Assurance Maladie cofinance une partie de votre retraite : se déconventionner fait perdre cet avantage.
Racheter des trimestresAtteindre le taux plein plus tôt et éviter la décote : un coût à comparer au gain.
Conjoint collaborateurLe conjoint qui participe au cabinet peut se constituer ses propres droits, plutôt que de dépendre de la seule réversion.
Cumul emploi-retraiteContinuer à exercer en touchant sa pension, parfois en acquérant de nouveaux droits (sous conditions).
Prolonger (surcote)Chaque trimestre travaillé en plus majore la pension : un arbitrage entre prolonger et capitaliser.
La réversion (la part de votre pension versée au conjoint survivant) obéit à des règles différentes selon le régime : taux, âge minimum, conditions de ressources et de mariage. Elle se vérifie sur les conditions à jour de la CARMF.
Exemple chiffré

Avant / après, en clair

Dr Léa, 55 ans (exemple)

Médecin en libéral, départ à la retraite. Exemple illustratif, montants non contractuels.

Avant

Un revenu d'activité confortable, mais une retraite obligatoire qui n'en remplace qu'une partie (plafonds à chaque étage) : la chute de revenu au départ est forte.

Après

Un plan d'épargne retraite et une assurance-vie alimentés tôt, calés sur le trou chiffré : la pension obligatoire est complétée, le train de vie tient.

Un départ choisi plutôt que subi, et un niveau de vie préservé.
Pour aller plus loin

Le guide complet, en PDF

L'article vous explique l'essentiel. Le guide, lui, est l'outil : de quoi vérifier votre situation et passer à l'action, chiffres en main.

  • Le schéma de vos trois régimes (base, complémentaire, conventionnés) expliqué en clair
  • La méthode pour lire vos relevés de points et estimer votre pension (valeurs de point 2026)
  • Le calcul de votre « trou » : pension estimée vs dernier revenu
  • Les âges qui décident (âge légal, taux plein, décote, surcote)
  • Les décisions de carrière qui pèsent (conventionnement, rachat de trimestres, cumul, surcote)
  • Combien épargner par mois pour refermer le trou, selon votre horizon
  • Le mémo à transmettre à votre comptable (déductibilité PER / Madelin)
Recevoir le guide en PDF
Questions fréquentes

Vos questions

De combien de régimes de retraite je dépends ?

De trois régimes obligatoires gérés par votre caisse (CARMF) : un socle de base commun à tous les professionnels libéraux, un régime complémentaire propre à votre profession, et un régime réservé aux praticiens conventionnés avec l'Assurance Maladie. Chacun fonctionne par points.

Quelle part de mon revenu ma retraite obligatoire remplacera-t-elle ?

En général, seulement une partie : la pension est plafonnée à chaque étage, donc plus votre revenu est élevé, plus l'écart est grand. Les ordres de grandeur affichés ici sont indicatifs et non officiels. Le calcul précis se fait à partir de vos relevés de points, et reste une projection non contractuelle.

À quel âge puis-je partir à taux plein ?

Selon votre génération, l'âge légal est de l'ordre de 64 ans, avec un taux plein qui suppose d'avoir tous vos trimestres (environ 172 selon l'année de naissance), et un taux plein automatique vers 67 ans. Ces repères évoluent avec la réforme des retraites, dont le relèvement de l'âge est actuellement gelé : faites confirmer votre cas par votre caisse.

Comment combler le trou entre mon revenu et ma pension ?

Par l'épargne de capitalisation : d'abord le plan d'épargne retraite (PER), dont les versements peuvent se déduire de votre bénéfice de professionnel libéral (donc moins d'impôt aujourd'hui), puis l'assurance-vie pour la souplesse. Tout placement en supports en actions présente un capital non garanti.

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