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Investir 100 000 € en 2026 quand on est libéral de santé

Une cession de patientèle, un héritage, des années de trésorerie professionnelle accumulée. Ce que la plupart des guides oublient : l'origine de l'argent change autant la stratégie que le montant.

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Ça arrive plus souvent qu'on le pense chez un libéral de santé : une cession de patientèle, un héritage, ou simplement des années de trésorerie professionnelle qui se sont accumulées sans qu'on y touche. La plupart des guides vous disent où placer l'argent. Peu vous disent que la question qui compte le plus, c'est d'où il vient : une cession, un héritage et une trésorerie de cabinet ne se traitent pas du tout de la même façon avant même de parler de PER ou d'assurance-vie.

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D'où vient l'argent change la donne, avant même d'investir

Une trésorerie professionnelle accumulée sur votre compte pro pendant plusieurs années a déjà été imposée : en BNC, vous payez l'impôt sur le bénéfice réalisé chaque année, que vous le laissiez sur le compte ou non. La sortir de votre compte professionnel vers votre compte personnel ne déclenche donc aucune imposition supplémentaire. C'est une différence de taille avec une société à l'IS, où sortir du cash veut dire se verser un dividende taxé.

Un héritage a déjà supporté les droits de succession au moment de la transmission. Le capital que vous recevez ensuite n'est pas retaxé à l'entrée : la question devient purement celle du placement, sans strate fiscale supplémentaire à gérer.

Une cession de patientèle, en revanche, génère une plus-value professionnelle imposable, qui peut dans certains cas bénéficier d'une exonération totale ou partielle selon le régime retenu : exonération liée au niveau de recettes (article 151 septies du CGI), exonération liée à un départ à la retraite (article 151 septies A), ou régime de la transmission d'entreprise (article 238 quindecies). Ces trois régimes ont des conditions et des seuils différents : le montant net que vous touchez réellement dépend du régime applicable à votre situation, et ça se vérifie avant de signer la cession, pas après.

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D'abord, l'épargne de précaution, même si elle ne rapporte rien

Un libéral n'a pas d'assurance chômage. Avant tout arbitrage de rendement, on recommande de garder plusieurs mois de charges fixes de côté, cabinet et personnel confondus. Le Livret A, plafonné à 22 950 € en 2026, reste la brique de base : disponible immédiatement, sans risque, sans fiscalité.

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Le PER, en priorité si vous êtes en tranche haute

Le plan d'épargne retraite pour indépendants permet de déduire vos versements de votre bénéfice imposable, dans une limite qui peut atteindre 88 911 € par an selon votre revenu (article 154 bis du Code général des impôts, plafond 2026). En pratique, peu de libéraux versent jusqu'à ce plafond : l'intérêt est de verser une partie de la rentrée d'argent, calée sur votre tranche d'imposition.

Un point que peu de libéraux connaissent : si vous n'avez pas utilisé tout votre plafond de déduction les trois années précédentes, ce plafond non consommé se reporte et s'ajoute à celui de l'année en cours. Avant de plafonner votre versement à l'année 2026 seule, vérifiez sur votre avis d'imposition le plafond disponible cumulé : il est souvent plus large qu'on ne le pense pour quelqu'un qui n'a jamais utilisé son PER.

Le revers : le capital reste bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (dont l'achat de la résidence principale). C'est un outil d'économie d'impôt et de constitution de retraite, pas une épargne de disponibilité.

Simulateur · PER
Combien votre PER vous fait-il économiser ?
15 000 €
Votre tranche marginale d'imposition
Économie d'impôt immédiate
4 500 €
Ce que le versement vous coûte vraiment
10 500 €
Calcul illustratif : versement × tranche marginale. Capital bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Cas concret · Julien, kiné, 42 ans, cession de sa patientèleMontant net perçu après régime d'exonération partielle : 100 000 €. Répartition retenue : 15 000 € en épargne de précaution, 20 000 € versés sur son PER (tranche à 30 %, économie d'impôt immédiate d'environ 6 000 €, en plus d'un plafond des trois années précédentes jamais utilisé), 50 000 € en assurance-vie, 15 000 € en SCPI pour un complément de revenu régulier. La répartition exacte dépend de sa tranche d'imposition, de son âge et de ses projets : elle se construit au cas par cas, pas sur un modèle unique.
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L'assurance-vie : la brique de flexibilité

Après 8 ans de détention, les gains rachetés bénéficient d'un abattement annuel (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), puis d'un prélèvement d'environ 31 % sur le reste, impôt et prélèvements sociaux compris. Avant 8 ans, la fiscalité est moins favorable.

Ce que beaucoup de libéraux ignorent : l'ancienneté fiscale se compte depuis l'ouverture du contrat, pas depuis chaque versement. Si vous avez déjà un contrat d'assurance-vie ouvert depuis plus de 8 ans, verser votre rentrée d'argent dessus profite immédiatement de cette ancienneté. Ouvrir un nouveau contrat pour l'occasion ferait repartir le compteur à zéro, inutilement.

Contrairement au PER, l'argent reste disponible à tout moment : c'est l'outil qui équilibre le blocage du PER. Chez ADL, l'allocation est pilotée selon la Méthode Galilée, pensée pour limiter l'ampleur des baisses de marché plutôt que de viser le rendement maximal.

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La SCPI, pour ceux qui veulent du revenu régulier, ou justement pas

La SCPI permet d'investir dans l'immobilier locatif sans gérer de bien en direct, avec un ticket d'entrée accessible. Les revenus perçus sont imposés comme des revenus fonciers, ce qui peut peser lourd en tranche haute. On la réserve généralement à une part limitée de l'allocation, pas à la totalité.

Un levier moins connu : certaines SCPI permettent d'acheter uniquement la nue-propriété, sans les revenus, pour une durée fixée à l'avance. Vous ne touchez rien pendant cette période, donc vous n'êtes imposé sur rien, et vous récupérez la pleine propriété automatiquement à l'échéance, sans frais ni acte supplémentaire. Pour un libéral déjà en tranche haute qui n'a pas besoin de revenu complémentaire tout de suite, c'est souvent plus pertinent que la pleine propriété.

Simulateur · allocation
Où partent vos 100 000 € ?
Précaution : 15 000 €PER : 20 000 €SCPI : 15 000 €Assurance-vie : 50 000 €
15 000 €
20 000 €
15 000 €
Votre tranche marginale, pour le calcul PER
Économie d'impôt immédiate (PER)
6 000 €
à 30 % de tranche marginale
Capital non bloqué avant la retraite
80 000 €
tout sauf le PER
Répartition illustrative construite par vous : elle ne remplace pas une allocation personnalisée, qui dépend de votre âge, votre tranche réelle et vos projets.

Les 4 erreurs les plus fréquentes qu'on voit en rendez-vous

  • Tout mettre sur un seul support par facilité, au lieu de répartir selon l'horizon de chaque euro
  • Se jeter sur le rendement en oubliant l'épargne de précaution, puis devoir désinvestir en urgence au premier imprévu
  • Choisir entre PER et assurance-vie sans regarder sa tranche d'imposition, alors que c'est ce chiffre qui devrait trancher
  • Investir le montant brut d'une cession de patientèle sans avoir vérifié le régime d'exonération applicable : parfois la moitié de la décision se joue avant même le premier placement

Avertissement : Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Les chiffres présentés reposent sur des hypothèses simplifiées à visée pédagogique et ne valent pas engagement de résultat.

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